Découvrir d’autres modèles, pour mieux appréhender le nôtre. Voyage en Californie.

Alors que le sport amateur est quasiment à l’arrêt total en France, nous en avons profité pour prendre de la hauteur. Cette prise de recul nous a amené de l’autre côté de l’Atlantique, un pays où le football s’appelle le soccer, où l'équipe nationale de handball n’a jamais fait mieux que 15e aux championnats du monde mais où le sport est roi. Vous l’avez reconnu, nous sommes partis aux Etats-Unis et plus particulièrement en Californie. Pour ce faire, nous avons interrogé deux joueurs d’une équipe de soccer locale, Nicolas Cabral et Steven Solis, un français expatrié et un local.

Nous tenterons de comprendre comment le sport s’organise dans cet état et comment il est et a été impacté par la COVID-19.

La pratique du sport conditionnée par l’argent

 

 

Dès les premières secondes de l’entretien nous avons compris qu’il n’y aurait aucun sens à comparer le modèle associatif “à l'européenne" avec celui des Etats-Unis. Alors qu’en France le sport est accessible à toutes les bourses à l’aide d’associations subventionnées ou de la présence du sport scolaire et ses fédérations (USEP, UNSS etc.). Ce n'est pas le cas en Californie. Pour jouer gratuitement, il faut compter sur l’investissement des proches. Steven Solis se rappelle : “Je participais à la ligue du dimanche, une compétition organisée par les parents. Sinon, pour avoir des éducateurs formés il faut s’inscrire dans des académies ou dans des écoles avec des sections sportives. Par exemple, en high school, (nb : équivalent du lycée) je payais 300$ pour 10 matchs et 2 tournois”.

Selon notre interlocuteur, le crédo est simple, plus tu souhaites avoir une structure organisée plus tu dois payer. Ceci est valable pour le matériel pédagogique, pour les éducateurs ou pour les conditions d’entrainements. Alors quand on lui demande si selon lui, la population serait prête à payer plus d’impôts pour démocratiser la pratique de tous, la réponse fuse : “NO WAY !” (sans façon).

La privatisation des ligues au profit du système fédéral

Si l’organisation du sport en Europe et plus particulièrement en France est très pyramidale, le système outre Atlantique est beaucoup plus transversal.

Nous retrouvons de nombreuses ligues privées dans l’organisation des compétitions, comme la NBA, NFL, MLB ou MLS pour les plus connues à travers le monde. Le principe est le même pour les compétitions inférieures ou scolaires comme avec la célèbre NCAA.

soccer sport californie

Ainsi, chaque équipe paie un ticket d’entrée pour participer aux ligues. Les équipes étant très peu attachées à leur ville, elles ne bénéficient pas de subventions publiques.

Ainsi, les ressources proviennent uniquement d’investisseurs privés, de sponsors ou des pratiquants.

Selon Nicolas Cabral, notre expatrié le “Pay to play” est culturel et accepté par la population locale.

 

Le sport au temps de la COVID-19 en Californie

La Californie a longtemps fait office de bon élève aux Etats-Unis face à la COVID-19. Le gouverneur a placé ses 40 000 000 de concitoyens en confinement dès le 17 mars 2020. Si le confinement a duré environ un mois, le retour à la vie normale n’est jamais revenu.

basketball sport californie

Pionnier dans le port du masque et la non réouverture des restaurants, la population a pris le sujet très au sérieux.

Pour preuve, jusqu’en novembre, le nombre de cas quotidiens n’avait jamais dépassé les 10 000.

Durant cette période, le sport a pu reprendre une partie de ses droits. Le sport professionnel se joue à huis clos. Chez les amateurs, seuls les entraînements “sans contact” sont tolérés.


Selon Steven Solis, la COVID-19 a fait baisser la pratique du sport de manière organisée. Les parents se sont montrés prudents pour mettre les enfants dans les structures et pour certains, la crise sanitaire ayant entraîné une crise économique, les frais de sport ont été une variable d’ajustement du budget familial.

Toutefois, plus étonnant, l'État du Pacifique permet le retour des compétitions amateurs à partir de mars 2021. Pile au moment où elle fait face à une terrible vague avec des pics à plus de 40 000 cas. 

Pour comparaison, la France qui a été plus sévèrement touchée par la vague de mars avait permis la reprise des compétitions amateurs lors de la rentrée de septembre. Malheureusement la recrudescence des cas de ces derniers mois a poussé le gouvernement à suspendre jusqu’à nouvel ordre toutes les compétitions amateurs. La coupe de France faisant office d’exception. La pratique du sport en France est devenue un sujet important ces derniers mois. Des actions gouvernementales ont été mises en place pour soutenir le mouvement sportif et permettre d’endiguer la baisse du nombre de licenciés dans les fédérations.

Pour faire face aux conséquences économiques qui touchent le sport, les clubs ne sont pas en reste et cherchent des solutions. Pour ma part, je pense que le financement privé des associations peut être un des remèdes aux maux budgétaires de ces derniers. Ainsi, en France, le modèle du sport ouvert à toutes les bourses aura encore de beaux jours devant lui.

 
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